Ce vendredi 10 avril, le Maire de Saint-Ouen-sur-Seine s’adresse aux Audonien·nes à travers une lettre publique. Il y évoque les violences faites aux enfants, revient sur les récents signalements survenus au sein des différents accueils de loisirs de la ville, présente le plan d’action intitulé « Je protège nos enfants » et invite aux assises de la protection de l’enfant.
La lettre du Maire
Une ville sécurisée, c’est une ville qui protège et sanctuarise la parole de l’enfant.
Chères Audoniennes, chers Audoniens,
En novembre dernier, la Ville a été destinataire d’un signalement au sein de l’accueil de loisirs Jean-Jaurès. Ce signalement concernait des faits d’exhibitionnisme présumés d’un animateur.
En raison de la période de réserve électorale, je n’ai pas pu m’adresser à vous par ce moyen.
Dès que nous avons pris connaissance de ces signalements, les personnes mises en cause ont immédiatement été suspendues.
Nous avons saisi les autorités policières, judiciaires et remonté ces signalements auprès de la Cellule de recueil des informations préoccupantes (Crip) 93, du service départemental de la Jeunesse, de l’Engagement et du Sport (SDJES), et de l’Aide sociale à l’enfance (Ase). Le parquet nous a ensuite informés de sa décision de classement sans suite de cette affaire pour faute de preuves.
Début décembre, une réunion est organisée avec tous les parents d’élèves de l’école Jean-Jaurès sur la caractérisation des faits survenus à la suite du signalement, à savoir des actes d’exhibitionnisme.
À l’issue de cette réunion, j’ai pris la décision, en plus des mesures disciplinaires, de ressaisir le procureur de la République pour une réouverture d’enquête.
Nous avons ensuite organisé toute une série de réunions dans tous les quartiers de la ville pour présenter le plan de lutte contre les violences sexistes et sexuelles, renforcé par des actions et des mesures visant à protéger encore plus nos enfants, à sanctuariser leur parole et à sensibiliser et éduquer les parents aux comportements à adopter lorsqu’un enfant émet un signalement.
L’objectif est clair : accélérer l’émergence d’une véritable culture de la protection de l’enfant et sacraliser sa parole.
En France, en moyenne, trois enfants par classe sont victimes d’inceste, de viol ou d’agression sexuelle. Environ 80 % de ces violences sont commises dans le cercle familial ou proche, selon la Ciivise (Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants).
Grâce au renforcement de notre plan depuis notre première réunion d’information sur les signalements survenus à Jaurès, nous avons eu une remontée de signalements sur plusieurs écoles.
La culture du signalement doit être partagée et généralisée, avec tous les parents, tou·tes les éducateur·rices, tou·tes les animateur·rices, tou·tes les enseignant·es, dans tous les milieux où nos enfants se trouvent. C’est comme cela qu’on arrivera à traquer tous les prédateurs.
Par ailleurs, je souhaiterais réitérer ma confiance en nos animateur·rices, nos éducateur·rices, nos enseignant·es, dont je salue la qualité du travail. Toutes les personnes en contact avec nos enfants ne sont pas des prédateurs et ne doivent pas subir un mauvais procès, en revanche nous traquerons tous les prédateurs, qui opèrent souvent dans les milieux où nos enfants sont présents.
Ce plan, c’est notre plan. Nous devons toutes et tous nous mobiliser pour que ces trois enfants par classe qui subissent des violences sexistes et sexuelles soient identifiés et protégés et, qu’à terme, on passe de trois enfants à zéro enfant par classe qui subissent des violences sexistes et sexuelles.
C’est un objectif ambitieux, mais c’est ce qu’il faut pour protéger nos enfants. Cet objectif nécessite une mobilisation collective de toutes et tous.
Pour vous présenter le plan et continuer à le renforcer toutes et tous ensemble, je vous invite aux Assises de la protection de l’enfant qui se tiendront le jeudi 21 mai 2026 à la Serre Wangari, en présence d’Arnaud Gallais, spécialiste des violences sexistes et sexuelles faites aux enfants, qui a contribué à la mise en place et à la conceptualisation du plan, dont vous trouverez les mesures au verso.
Karim BOUAMRANE
Maire de Saint-Ouen-sur-Seine
Vice-Président du Conseil départemental
de Seine-Saint-Denis délégué à la Culture