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« Une ville sécurisée, c’est une ville qui protège et sanctuarise la parole de l’enfant » la lettre du Maire aux audonien·nes

Publié le 16/07/2026

Ce jeudi 16 juillet, le Maire de Saint-Ouen-sur-Seine s’adresse aux Audonien·nes à travers une lettre publique. Il y évoque les violences faites aux enfants, les différentes actions mises en place par la ville et donne rendez-vous samedi 5 septembre à la grande Nef Lucien-Belloni de l’Île-des-Vannes, pour présenter les nouvelles étapes du plan « Je protège nos enfants».

La lettre du Maire

Une ville sécurisée, c’est une ville qui protège et sanctuarise la parole de l’enfant.

Chères Audoniennes,
Chers Audoniens,

Tout mettre en œuvre pour la protection de nos enfants est l’objectif principal de ce mandat.

En France, un enfant est victime de violences sexuelles toutes les trois minutes – 80 % sont commises dans la cellule familiale ou dans le premier cercle. Cela représente 3 enfants par classe. Chaque année, 160 000 victimes sont concernées. Et 92 % des plaintes sont classées sans suite.

Ces chiffres sont le reflet d’une réalité dont le déni doit cesser.

 

À Saint-Ouen, nous sanctuarisons la parole de l’enfant.

Cette sanctuarisation appelle à une mobilisation collective et générale. Elle requiert l’implication de chacune et chacun, des institutions et de tous les acteurs – politiques, économiques, culturels, sportifs et associatifs – qui sont en lien avec les enfants.

Face aux violences sexuelles faites aux enfants, une nouvelle ère s’impose. Nous devons changer de méthode, changer d’échelle et agir ensemble.

Sanctuariser la parole de l’enfant, c’est tout mettre en œuvre pour avoir la certitude que l’enfant est entendu et écouté. C’est former nos enfants sur leurs droits, sur le consentement et sur les bons réflexes à adopter pour se protéger des prédateurs.

C’est renforcer chaque jour la formation de tous les adultes qui sont en contact avec des enfants : animateur·rices, professeur·es, parents ou encore acteurs associatifs dans les domaines de la culture et du sport.

C’est accompagner les familles et les enfants avec une aide psychologique, un soutien juridique et un suivi dans la durée par des professionnel·les de la Ville.

C’est aussi appliquer systématiquement le principe de précaution lorsqu’il y a un signalement d’agression sur un enfant : c’est-à-dire appliquer la suspension immédiate et systématique de l’agent·e mis en cause.

En complément du plan de formation pour les enfants et les parents, nous avons mis en place des mesures concrètes pour protéger nos en fants :

  • Instauration d’une ligne directe sous l’autorité du maire dédiée à la remontée des signalements.
  • Renforcement des moyens humains de la Ville pour mieux protéger et accompagner les enfants au quotidien, avec la création d’un service « Droits et protection des enfants » constitué d’agent·es formé·es.
  • Nomination d’une conseillère municipale déléguée à la protection de l’enfant.
  • Nomination d’une employée référente sur la protection des enfants pour le bailleur social de la ville, la Semiso, qui gère 7 000 logements.
  • Mise en place d’une commission opérationnelle « Je protège nos enfants » qui se réunit tous les quinze jours, en présence du commissaire de police, de l’inspectrice de l’Éducation nationale, d’Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’Enfants, ainsi que des services de la Ville. Ensemble, il s’agit d’assurer le suivi des signalements et des professionnel·les concerné·es, l’accompagnement psychologique et juridique des enfants et des familles ainsi que l’amélioration continue de nos dispositifs.
  • Mise en place d’un audit du patrimoine municipal qui accueille les enfants.
  • Lancement d’un audit pour l’installation de caméras dans les espaces communs au sein des écoles.
  • À compétences égales, embauche prioritaire de personnels féminins.
  • Organisation des premières Assises de la protection de l’enfance, le 21 mai 2026, qui va devenir un événement annuel.
  • À la rentrée de septembre 2026, engagement d’un travail avec les entreprises de Saint-Ouen afin de généraliser cette mobilisation à tou·tes les acteur·rices de la ville.
  • Formation de 1 075 professionnel·les de la Ville, sensibilisation de 4 728 élèves aux violences faites aux enfants, au corps et au consentement.

 

Traquer les prédateurs, c’est tout mettre en œuvre avant qu’ils n’agissent. C’est également former tou·tes les acteur·rices à repérer et à signaler les prédateurs quand ils ont commencé à sévir pour pouvoir les arrêter au plus vite.

Ce sont également les signalements qui nous donneront la possibilité de traquer, arrêter et juger les prédateurs qui sévissent partout où nos enfants se trouvent. La peur doit changer de camp.

Depuis novembre 2025, 40 signalements ont été portés à la connaissance de la Ville. Ils concernent 6 accueils de loisirs. Conformément au protocole établi depuis 2020, 13 animateurs ont été écartés.

Systématiquement, la Ville procède aux transmissions nécessaires auprès des autorités judiciaires et administratives ainsi qu’aux services compétents, afin que chaque situation soit examinée selon les procédures prévues.

Cette démarche évolue en permanence. Elle s’enrichit au fil des retours du terrain, des signalements et des besoins identifiés. Les enjeux et la gravité de la situation exigent un plan vivant, capable de s’adapter et de se renforcer.

Plus nous mettrons en place notre plan auprès du plus grand  nombre, plus nous mobiliserons, plus nous multiplierons les signalements, plus nous serons en capacité de traquer, trouver et faire juger les prédateurs.


Mesdames, Messieurs, nous avons besoin de vous, de l’implication de toutes et tous pour protéger nos enfants.

C’est pourquoi je vous donne rendez-vous samedi 5 septembre à la grande Nef Lucien-Belloni de l’Île-des-Vannes.

Je vous y présenterai les nouvelles étapes du plan « Je protège nos enfants », les actions déjà engagées ainsi que les mesures que nous mettrons en œuvre dans les prochains mois.

Votre présence est essentielle.

La protection des enfants relève des institutions, mais c’est surtout une responsabilité collective qui concerne les parents, agent·es, acteur·rices sociaux·ales, économiques, culturel·les et sportif·ves. Chacun·e peut agir. Chacun·e peut être attentif·ve. Nous devons construire un environnement dans lequel notre enfant peut grandir en étant protégé : ce sont les droits de l’enfant.

Nous pouvons et nous devons faire changer les choses. Chacun·e peut contribuer à construire un environnement où chaque enfant grandit en sécurité.

Nous devons tout faire pour atteindre notre objectif : protéger tous nos enfants. Je vous souhaite un bel été entouré de vos proches.

Je compte sur vous,
Karim BOUAMRANE
Maire de Saint-Ouen-sur-Seine
Vice-Président du Conseil départemental
de Seine-Saint-Denis délégué à la Culture

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