Cent ans après, Saint-Ouen se souvient

La Première Guerre mondiale (1914-1918) a profondément bouleversé la société du début du XXe siècle. En cette période de commémoration du centenaire de l'Armistice du 11 novembre 1918, Saint-Ouen se souvient de sa contribution à la Grande Guerre.

Il y a eu l'avant et l'après « 14-18 ». Ce qui devait être la « der des ders » a hélas été le premier conflit d'envergure mondiale, d'une ampleur inégalée jusqu'alors. Une guerre dite « moderne », qui amorça l'usage d'engins totalement nouveaux comme les chars d'assaut ou les aéroplanes. Une guerre atroce, aussi, marquée par l'usage des premières armes de destruction massive comme les gaz toxiques et asphyxiants. Ce fut surtout un immense carnage, avec 18,6 millions de morts au total, et plus de 21 millions de blessés.

Audoniens sur le front

Comme chaque commune de France, Saint-Ouen a payé un lourd tribut pour la défense de la Nation. Aristide Forêt, 26 ans, est le premier « poilu » audonien tombé sur le champ de bataille, le 9 août 1914, soit à peine six jours après que l'Allemagne a déclaré la guerre à la France. Il sera la première victime d'une longue série, puisque 2 238 Audoniens mourront ou seront portés disparus en quatre ans de conflit.

Saint-Ouen en première ligne

Du fait de sa proximité avec Paris, Saint-Ouen est dès le début du conflit placée sous autorité militaire et divers sites sont réquisitionnés. Le Château, récupéré par le service de Santé, est transformé en hôpital militaire. Des boeufs, réserve de l'armée, sont gardés dans le parc. L'école Victor-Hugo, quant à elle, deviendra une caserne pour les soldats alliés américains. La rue Blanqui est même transformée en tranchée d'entraînement pour ces derniers, avant qu'ils ne montent au front.

Au niveau économique, la ville, qui s'était énormément industrialisée depuis le milieu du XIXe siècle, est bouleversée par le conflit. Son industrie évolue pour se consacrer à la production d'armes, de munitions et, surtout, de moyens de transport (avions, chars). Des usines qui participent à l'effort de guerre se transforment ou s'installent, comme la Somua, Thomson et l'Alsthom. Elles fonctionnent jour et nuit.

L'un des faits marquants de la guerre de 1914-1918, c'est que, pour la première fois dans l'Histoire, la quasi-totalité des hommes valides du pays, civils comme militaires, est mobilisée ; d'un coup, les usines, les entreprises et les commerces se vident de leur personnel, à une époque où les femmes ne sont pas encore émancipées. Elles aussi sont alors mobilisées par l'effort de guerre : elles ne se contentent plus de soigner, mais doivent faire tourner le pays en allant travailler dans les usines pour remplacer leurs maris, frères, pères ou fils qui se battent dans les tranchées. Ce fut ainsi le cas des « munitionnettes », ces contrôleuses d'obus qui travaillent 11h par jour à la manipulation d'obus de 7 kg pièce.

La production massive d'armes et de transports militaires dans les usines de la ville fait de Saint-Ouen une cible stratégique pour l'armée allemande. En 1918, la ville est touchée à plusieurs reprises par des bombardements : par des avions les 30 janvier, 20 février, 8 mars et 27 juin ; par les canons monstres Krupp (les « Grosses Bertha »), qui tirent depuis la Picardie, à près de 120 km de distance (!), les 7 et 8 août.

100 ans après, pour ne rien oublier

Les combats prirent fin avec la signature de l'Armistice le 11 novembre 1918 à 5h15, dans la clairière de Rethondes. Cette date n'est pas qu'un simple jour férié sur des calendriers, mais un moment fort qui mit fin à l'un des conflits les plus meurtriers de l'Histoire. C'est pourquoi, tous les ans, chaque commune rend hommage à ses morts pour la France. En cette année de centenaire, la commémoration du 11 novembre organisée par la municipalité, en concertation avec les associations d'anciens combattants, prendra une dimension particulière.


PROGRAMME DU CENTENAIRE DU 11 NOVEMBRE

10h30 :  La cérémonie débute au Cimetière Communal (25 boulevard Jean-Jaurès) en présence d'une fanfare militaire. Remise de drapeaux tricolores aux participants.

11h : La cérémonie se poursuit devant l'Hôtel de ville
- Lecture par les enfants (élèves du collège Joséphine Baker) de l'introduction « Automnes ». La fanfare et la chorale des enfants interpréteront « En passant par la Lorraine », puis la fanfare jouera « Sambre et Meuse »

Prise de paroles :
- de Christian Bernard, Représentant de l'Association Républicaine des Anciens Combattants (ARAC)
- Lecture par les enfants des 3 lettres courtes de « Poilus»
- de William Delannoy, Maire de Saint-Ouen-sur-Seine
- Fleurissement du Monument de la Paix

La fanfare et la chorale des enfants interpréteront « La Marseillaise ». La cérémonie se clôturera par un lâcher de colombes devant la mairie.

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